Ma tête sur son coeur, j'attendais patiemment la venue de battements plus forts. Quelques images de l'enfance, une douleur simple et difficile à la fois, des notes de musiques douces et nostalgiques. Puis la respiration s'accélère et les battements sont plus violents. Ma tête se soulève en même temps que son torse. J'attend d'être sûre de ce qu'il se passe et parce que ma pudeur et la sienne se mélangent, tous les gestes se font en silence. Il essuie, d'un revers de la main, ces larmes dont il m'avait brièvement parlé; amères et dangereuses elles roulent le long de sa joue, viennent se déposer jusque dans son cou pour aller finalement s'écraser sur l'oreiller en cotton.
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Ses yeux rivés sur les images, il ne dit mot. Mes mains, si frêles auparavant serrent d'avantages ses épaules auxquelles elles s'étaient accrochées avant qu'il ne succombe. Quelques tendres baisers le long de son visage et l'attention se fait peau neuve. Nous avons échangés nos rôles quelques heures:il s'est enfouie dans mes bras, essayant d'y trouver refuge et amour, tout ce que je voulais et pouvais lui donner.
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Ses larmes, qu'il n'offrait à personne ou quasiment, il me les avait tendues, comme un cadeau qu'on offre à un enfant. Un cadeau d'une fragilité innommable. Et ses sanglots avaient réussis à me faire trembler. Pour la première fois il se montrait vulnérable devant moi. Et pour la première fois, j'ai pu l'aider à se décharger. Et je lui ai mentis, j'ai pleuré aussi :sa souffrance, j'aurai voulu la prendre entière et l'envoyer pourrir au fond du trou qu'il aurait creusé, comme pour dire qu'il est heureux et léger. Et libre. Comme le vent.