Je t'ai cherché des heures, perdue dans l'espoir et la crainte de croiser ton regard. J'ai marché des milliers de fois sur les mêmes pavés roses avant que tu ne fasses brusquement apparaître ton corps dans mon champ de vision. J'ai attendu, mobilement, avant de reconnaître ta silouhette élancée vers le ciel sombre que la nuit déposait déjà aprés 16h30. J'ai redécouvert ta démarche stricte et mal assurée, rapide. Tu étais dérrière moi, tu ne m'as pas vue, pas reconnue: j'avais le regard au sol, comme si je pouvais y voir l'empreinte de tes pas abrutes et obscurs. Je tournais dans le centre ville comme un lion tourne dans sa cage, en attendant qu'on y lâche le morceau de viande qu'il attend depuis son dernier repas.
J'aurais été un lion, j'aurais bondi, sans hésitation. Mais je n'étais qu' un être pourvu de deux jambes, et de deux bras. Mon corps. Tétanisé. Je t'ai suivi pour connaître ton antre, ta grotte, celle ou tu restais caché comme un animal.
Je n'avais pas croisé ton visage, simplement, je voyais ces mains qui m'avaient tenues, autrefois. Et ces bras qui m'avaient tant serrés.
15 mois. J'étais restée enfermée, cloitrée pendant 15 longs et pénibles mois. Dans un endroit devenu traître, trop grand, trop froid pour mon corps devenu si maigre et si petit. Si blanc, presque translucide, parce que le soleil n'atteignait plus ma peau meurtrie.
A cause de toi, je me suis étiolée. Mes sens sont devenus amorphes, mes cheveux sont tombés.
Je t'ai suivi, de loin, sans jamais vouloir te perdre de vue, à pas feutrés, comme les loups dont les enfants ont peur. La pluie s'était arrêtée, laissant sur le sol des miroirs naturels sur lesquels j'osais marcher, en n'ayant jamais peur de briser une image qui n'était plus à moi depuis longtemps mais dont j'allais pouvoir venger la perte bientôt.
Comme si tu pouvais sentir que tu étais traqué, tu as accéleré le pas, j'ai pu respirer l'odeur de ta peur, pour la première fois, elle effaçait celle de ta sueur et celle de mes angoisses.
La chasse allait finir.
Si j'avais été un lion, je me serai jeté sur toi, la gueule ouverte, les griffes sorties, pour te voir te distordre sous mes pattes, dans ton écume humaine. Mais je n'étais qu'un être pourvu de perfidie, de haine et de vengeance. Alors, au lieu de te dévorer, je t'ai tué. Avec la torture de mes yeux plongés dans les tiens. Parce que je t'ai obligé à me regarder avant la détonation, parce que tu pensais voir un fantôme revenir de ces poubelles où tu l'avais laissé, parce que je t'ai mis devant le fait accompli de ces mois précédents ma mort lente. Parce que je t'ai forcé à admettre ce que, sur moi, tu avais voulu pratiquer. Ce désir bestiale de vider tes pulsions animales dans un corps de jeune adolescente, au détour d'une rue, un soir alors que le soleil avait brillait toute la journée.
Je t'ai tué comme un être humain que je n'étais plus depuis longtemps l'aurait fait à ma place.
J'aurais été un lion, j'aurais bondi, sans hésitation. Mais je n'étais qu' un être pourvu de deux jambes, et de deux bras. Mon corps. Tétanisé. Je t'ai suivi pour connaître ton antre, ta grotte, celle ou tu restais caché comme un animal.
Je n'avais pas croisé ton visage, simplement, je voyais ces mains qui m'avaient tenues, autrefois. Et ces bras qui m'avaient tant serrés.
15 mois. J'étais restée enfermée, cloitrée pendant 15 longs et pénibles mois. Dans un endroit devenu traître, trop grand, trop froid pour mon corps devenu si maigre et si petit. Si blanc, presque translucide, parce que le soleil n'atteignait plus ma peau meurtrie.
A cause de toi, je me suis étiolée. Mes sens sont devenus amorphes, mes cheveux sont tombés.
Je t'ai suivi, de loin, sans jamais vouloir te perdre de vue, à pas feutrés, comme les loups dont les enfants ont peur. La pluie s'était arrêtée, laissant sur le sol des miroirs naturels sur lesquels j'osais marcher, en n'ayant jamais peur de briser une image qui n'était plus à moi depuis longtemps mais dont j'allais pouvoir venger la perte bientôt.
Comme si tu pouvais sentir que tu étais traqué, tu as accéleré le pas, j'ai pu respirer l'odeur de ta peur, pour la première fois, elle effaçait celle de ta sueur et celle de mes angoisses.
La chasse allait finir.
Si j'avais été un lion, je me serai jeté sur toi, la gueule ouverte, les griffes sorties, pour te voir te distordre sous mes pattes, dans ton écume humaine. Mais je n'étais qu'un être pourvu de perfidie, de haine et de vengeance. Alors, au lieu de te dévorer, je t'ai tué. Avec la torture de mes yeux plongés dans les tiens. Parce que je t'ai obligé à me regarder avant la détonation, parce que tu pensais voir un fantôme revenir de ces poubelles où tu l'avais laissé, parce que je t'ai mis devant le fait accompli de ces mois précédents ma mort lente. Parce que je t'ai forcé à admettre ce que, sur moi, tu avais voulu pratiquer. Ce désir bestiale de vider tes pulsions animales dans un corps de jeune adolescente, au détour d'une rue, un soir alors que le soleil avait brillait toute la journée.
Je t'ai tué comme un être humain que je n'étais plus depuis longtemps l'aurait fait à ma place.




