Bestiaire. Photo : Headstock.deviantart.com

Bestiaire. Photo : Headstock.deviantart.com
Je t'ai cherché des heures, perdue dans l'espoir et la crainte de croiser ton regard. J'ai marché des milliers de fois sur les mêmes pavés roses avant que tu ne fasses brusquement apparaître ton corps dans mon champ de vision. J'ai attendu, mobilement, avant de reconnaître ta silouhette élancée vers le ciel sombre que la nuit déposait déjà aprés 16h30. J'ai redécouvert ta démarche stricte et mal assurée, rapide. Tu étais dérrière moi, tu ne m'as pas vue, pas reconnue: j'avais le regard au sol, comme si je pouvais y voir l'empreinte de tes pas abrutes et obscurs. Je tournais dans le centre ville comme un lion tourne dans sa cage, en attendant qu'on y lâche le morceau de viande qu'il attend depuis son dernier repas.

J'aurais été un lion, j'aurais bondi, sans hésitation. Mais je n'étais qu' un être pourvu de deux jambes, et de deux bras. Mon corps. Tétanisé. Je t'ai suivi pour connaître ton antre, ta grotte, celle ou tu restais caché comme un animal.

Je n'avais pas croisé ton visage, simplement, je voyais ces mains qui m'avaient tenues, autrefois. Et ces bras qui m'avaient tant serrés.

15 mois. J'étais restée enfermée, cloitrée pendant 15 longs et pénibles mois. Dans un endroit devenu traître, trop grand, trop froid pour mon corps devenu si maigre et si petit. Si blanc, presque translucide, parce que le soleil n'atteignait plus ma peau meurtrie.
A cause de toi, je me suis étiolée. Mes sens sont devenus amorphes, mes cheveux sont tombés.

Je t'ai suivi, de loin, sans jamais vouloir te perdre de vue, à pas feutrés, comme les loups dont les enfants ont peur. La pluie s'était arrêtée, laissant sur le sol des miroirs naturels sur lesquels j'osais marcher, en n'ayant jamais peur de briser une image qui n'était plus à moi depuis longtemps mais dont j'allais pouvoir venger la perte bientôt.

Comme si tu pouvais sentir que tu étais traqué, tu as accéleré le pas, j'ai pu respirer l'odeur de ta peur, pour la première fois, elle effaçait celle de ta sueur et celle de mes angoisses.
La chasse allait finir.

Si j'avais été un lion, je me serai jeté sur toi, la gueule ouverte, les griffes sorties, pour te voir te distordre sous mes pattes, dans ton écume humaine. Mais je n'étais qu'un être pourvu de perfidie, de haine et de vengeance. Alors, au lieu de te dévorer, je t'ai tué. Avec la torture de mes yeux plongés dans les tiens. Parce que je t'ai obligé à me regarder avant la détonation, parce que tu pensais voir un fantôme revenir de ces poubelles où tu l'avais laissé, parce que je t'ai mis devant le fait accompli de ces mois précédents ma mort lente. Parce que je t'ai forcé à admettre ce que, sur moi, tu avais voulu pratiquer. Ce désir bestiale de vider tes pulsions animales dans un corps de jeune adolescente, au détour d'une rue, un soir alors que le soleil avait brillait toute la journée.

Je t'ai tué comme un être humain que je n'étais plus depuis longtemps l'aurait fait à ma place.

# Posté le vendredi 02 mars 2007 19:17

Coup de poing.

Coup de poing.
J'suis une gentille fille. Pour ceux qui ne connaissent pas. Qui aime le Trip-hop.
C'est mon coup de poing dans l'estomac.

Misstrip.

Vous les trouverez également ici.

Découverts (attention, si vous avez juste le temps de cliquer sur ce lien, ça ne sert à rien, mieux vaut prévoir 3 bonnes heures pour pouvoir explorer ce monde de merveilles musicales).

Et, si jamais vous aimez, comme moi, vous aimerez sans doute Maple Bee ( la soeur de Katie Jane Garside ).

# Posté le jeudi 22 février 2007 17:49

Le train. La photo a été prise lors d'une expo que j'ai visité avec les cours. Je ne me souviens plus du nom de l'artiste qui a réalisé cette performance. Le rapport à cet article n'est pas si mince.

La jalousie, mère de tous les vices.
Ah non, merde, c'est pas ça la phrase.
L'oisiveté est la mère de tous les vices.
Mouais, bof, disons que la première me correspondrait davantage.
Si vous saviez les conflits que je traverse en ce moment, avec moi-même. Et cette fureur que ma sale personnalité engendre, j'ai du mal à la supporter.
Est-ce que je me poserai trop de questions ?

Dans le train qui me ramenait vers les miens, à St-Quentin, ce soir, je réfléchissais à tout ce que je vivais en ce moment, et vraiment, je trouve tout ça irréel. Ca n'est pas à moi que ça arrive, tous ces trucs. Si ?
Hum. Ne vous imaginez pas qu'il m'arrive réellement des trucs faramineux, extraordinaires. Non, il se trouve simplement que les choses qui bougent en ce moment dans ma vie, je n'ai jamais eu l'habitude de les cotoyer. Je ne connais rien à tout ça.
"Il faut un début à tout".
Je suis bien d'accord mais là, putain.

Le pire c'est que ça ne me fasse pas plus peur que ça. Ou peut-être que si finalement, ça expliquerait pourquoi je n'arrive pas à dormir avant les 5 heures du matin. C'est pas un rythme que j'ai voulu prendre toute seule vous savez, c'est indépendant de ma volonté, mais, en 5 jours, on s'y habitue et forcément, quand on s'y habitue, la vie vous parait différente. Qu'est-ce que je raconte encore moi ?! Non, en réalité, ce que je veux dire, c'est que beacoup de changements s'offrent à moi, non, je veux dire "s'imposent" à moi. C'est flippant. Mais, savez-vous, je sais que ça ne va pas durer. Tout va redevenir à la normale. Alors je vais essayer de profiter de ces moments. Même s'ils sont "prise de tête".

Et vous savez quoi ? Dans le train, encore, je me disais que jamais, vraiment JAMAIS je n'avais réussis à terminer quelque chose; j'ai joué 7 ans du piano, j'ai arrêté alors que j'avais encore beaucoup à apprendre, j'ai fait de la batterie pendant 2 ans, j'ai arrêté alors que j'avais tout à apprendre, la photo, n'en parlons pas ! Et, au niveau des relations humaines, je ne vous en parlerait pas non plus par pudeur, mais, c'est la même chose. Alors une chose m'ait apparue soudainement : ma vie, je n'arriverai certainement jamais à la finir. Parce que c'est comme ça.

C'est comme ça.
Il y a un Rien, au début. Un Tout, ensuite. Et à la fin, il y a ce mot "Jusque".
J'en suis à la période du "Rien" et du "Tout" en même temps. C'est assez étrange à vivre mais ça n'est pas totalement déplaisant.
Jusqu'à ce que...

Soit, c'est le chemin de toutes personnes sur cette misérable petite Terre.

Bien le bonsoir !
Le train. La photo a été prise lors d'une expo que j'ai visité avec les cours. Je ne me souviens plus du nom de l'artiste qui a réalisé cette performance. Le rapport à cet article n'est pas si mince.

# Posté le vendredi 16 février 2007 18:35

blessed be.

blessed be.
Afficher son bonheur, ça n'est pas interdit, c'est tout simplement déconcertant pour les autres, ces autres dont je fais consciement partie. La réussite dans les études, avec son cher et tendre, la réussite du début de sa vie. J'ai pas foirée la mienne, pas encore. J'ai un dernier espoir. Aprés tout, je suis jeune, non ?! 18 ans et quelques mois, 3 pour être exacte. C'est rien dans une vie qui devrait en compter 80 environs. C'est même pas la moitié ! Est-ce que vous vous rendez compte ?!

Je veux un bébé. J'en vois partout en ce moment, des bébés. A la télé, dans la rue, les magazines. Non mais c'est une lubie, ça me passera, bien evidement. D'ailleurs si j'en veux un, c'est certainement parce que je suis en quête de ma personnalité. Elle se cache la garce ! Sérieusement, je n'arrive même pas à m'occuper d'un pot de fleur, alors, vous imaginez, moi, avec un bébé ?! Non mais ce serait un comble ! Quoi que, voyez-vous, cette aprés-midi, dans un de ces grands moments d'ennuis que je passe dans cette si jolie ville qu'est Lille, j'ai regardé le téléfilm de l'aprés-midi sur TF1. La jeune héroïne venait d'avoir un bébé et elle disait une phrase dans le style "c'est en ayant un enfant qu'on n'en n'est plus un." Je me suis dis, dans ma jeune tête d'écervelée "Amen". Le rapport entre les choses est petit, je dois l'admettre. Enfin, tout de même, j'ai des périodes, comme ça, ou je veux un bébé.

Ainsi soit-il.

# Posté le vendredi 02 février 2007 18:31

Modifié le lundi 23 juillet 2007 04:40

Cent larmes.

Comment exprimer ce que je ressens à son égard? Comment lui dire, lui faire comprendre à quel point il a une place capitale dans ma vie ? A quel point il fait parti de ma personnalité et pas seulement des rencontres que je fais au grés du vent? Les mots sont-ils assez forts pour exprimer ce genre de sentiments?

Les pas précipités que je croyais mener jusqu'à ses bras ne me rapprochais que plus de ce trou, et la pluie continuait à me tremper, jusqu'à l'os, jusqu'à la moelle, sous mes vêtements, sous mes masques si longtemps accumulés, sous ma peau. Fragile. Et ce "nous" que j'entendais résonner au delà du clapotis que faisaient les gouttes. Toujours en marchant vers cette rue sans issue, vers ce numéro que je ne connaissais pas.
En un regard, se perdre dans les abyssales rues de la ville; en un seul et unique regard, ne plus savoir comment on fait pour marcher sans tomber et comment on respire. Imaginer sa vie avec, mourir dans ses bras, au creu de son cou sentir sa peau, entendre le battement de son coeur, regarder ses veines faire le tour d'une vie. Et toujours ses yeux sombres, mystérieux. Son regard qui transperce chaque particule de mon être. Et ce rideau de larmes qui chaque fois recouvrait mon visage lorsque le courage me manquait lorsqu'il était temps que j'aille lui dire que je l'aime.
Et de continuer à courir vers cette maison que je ne connais pas, vers cette cuisine qui n'est pas la mienne, vers ce bonheur que j'envie toutes ces sombres journées.
Ces courses poursuites incensées à répétitions, ces mouvements de jambes que je pensais faire vers un avenir paisible et doux alors que je ne les faisais que vers un trou terriblement noir et froid. Un trou vicieux ou sans sa parole et son attention, je ne peux remonter.

Les gestes sont-ils plus efficaces que les mots ? Les larmes lui feront-elles comprendre comme mon corps n'est fait que de lui? Et s'il ne comprenait pas ? Et si c'était ma faute? Et si je laissais faire ce destin, qui justement n'existe pas?
Et si je passais à côté de ma sécurité, de ma vie simplement fade?
Comment lui faire comprendre, avec de simples mots, que j'ai peur de le perdre alors qu'il ne s'est jamais découvert à moi ?Lui dire que j'aime ses yeux que je ne connais que quelques minutes sur des années ? Comment lui dire que c'est le destin, et qu'il est inutile d'aller contre le destin, sans qu'il n'ait peur ou sans qu'il ne me dise que si c'est cela, on se retrouvera bien un jour ? Et alors, lui faire comprendre que je n'aurai pas la force de l'attendre ? Et s'il savait que je lui en veux de m'avoir regardé ? Et de m'avoir souris ? Et d'avoir fait demi-tour ? Et de ne pas m'avoir dis plus tôt ? Et de ne pas avoir cherché aprés moi ? Et de m'avoir laissé sous ce chateau de cartes, impuissante, destructrice, perdue et sans armes? Est-ce que j'ai le droit de lui dire tout ça ? De voler à quelqu'un ce qui ne m'est peut-être pas destiné? De rendre quelqu'un malheureux comme je l'ai été ? Est-ce qu'un des innombrables dieux existants pardonnerait cela ? Est-ce qu'un Homme peut seulement pardonner ce genre de choses ?


Et maintenant que je suis devant la maison, est-ce que je peux me permettre d'entrer sans frapper ? Et de déverser cent larmes sur son plancher..?
Cent larmes.

# Posté le jeudi 11 janvier 2007 19:15